Pourquoi tu n'écris plus ?...
Florent, mon fils, mon bébé, je t'aime,
Ces derniers temps, on me demande souvent pourquoi je n'écris plus. Même Anthony m'a posé la question. Certains ont pensé que j'allais sans doute mieux, d'autre que je n'avais plus rien à dire.
Non, rien de tout cela. Dans un mois tu seras mort depuis trois ans. Trois ans de lutte contre le desespoir, trois ans à supporter cette souffrance, trois ans de plus pour chacun de nous et toi toujours figé dans tes 21 ans.
Je regarde autour de moi, seule face à ta mort et je vois les gens vivrent. Je les envie, je voudrais revenir en arrière lorsqu'au bout du compte la vie était bien douce. Souvent à l'écoute de mon parcours, démarré avec les plus mauvaises cartes de la destinée, les personnes étaient impressionnées et me disaient sans hésitation à quel point j'étais courageuse et la preuve vivante qu'un mauvais départ dans la vie n'est pas une fin en soi. Il faut se battre plus que d'autres. Savoir souffrir en silence et surtout ne pas ressasser sa colère ou sa haine. C'est ce que j'ai fais, j'ai construit ma famille, puis ma vie sociale et j'étais plutôt pas mal. Je disais toujours qu'un seul évènement pourrait me mettre à terre : la maladie ou la mort de l'un de mes enfants.
Dès l'annonce de ton décès, je me suis dis : " T'es morte, cette fois tu ne surmonteras pas. " Mais je me suis tout de même battue tentant de toute mes forces d'escalader cette montagne de douleur qui s'est retrouvée si subitement sur mon chemin. Je n'avais que mes mains et mes pieds pour m'accrocher et je suis arrivée à grimper, le plus haut que j'ai pu. Me croire accompagnée m'a souvent permise de me surpasser, mais aujourd'hui, personne ne veut plus suivre. Trois ans c'est trop.
Alors, je redescends, bien plus facilement que je n'y suis montée, cette montagne. Ne me dîtes pas : " T'es une battante, t'es une gagnante, tu vas y arriver ! " Je ne suis rien de tout cela.
J'ai mené un combat pour la survie de ma famille que je n'abandonne pas.
Je suis juste en train de le perdre...

Commentaires
France le 18/09/2008 à 11:10:31Valérie,
Tout comme Marie et André, je te lis, je te comprends et je te suis ...
Et aucun de nous trois attendons que tu te surpasses.
Je n'ai pas eu le plaisir de connaître la Valérie d'avant, mais j'aime celle d'aujourd'hui...malgré ses blessures.
Amicalement et sincèrement.
marie le 17/09/2008 à 20:55:50
André,tu m'as devancé et je souffre comme toi "de l'impuissance des mots";Valérie,dans cette période d"épuisement ou tu n'as plus la force et le courage,pourquoi ne pas admettre tout simplement que tu es humaine;
Tu as le droit de le dire et tu peux meme le revendiquer: tu as tout fait pour "paraitre"..........
Tu as le droit de dire....et nous sommes là pour t'écouter!
Je connais bien maintenant ta désespérance et je te comprends,je sais..........
Je t'aime "cocotte"
André le 17/09/2008 à 20:02:24
Pour une fois, une fois seulement, je ne peux partager tes mots.
Valérie,
je reste convaincu qu'il est illusoire d'espérer retrouver la Valérie d'avant. Mais, il est tout aussi vrai que, malgré les mains et pieds en sang, tu y arriveras non plus à vivre mais à survivre.
Face à ton désespoir, je connais et souffre de l'impuissance des mots.
Je ne peux donc qu'espérer qu'un minuscule petit coin de ton coeur t'assure qu'il y a auprès de toi des amitiés sincères qui te suivent, qui t'aiment telle que tu es.