Il faudrait que je vous oublient...
Papa, Maman, les personnes qui m'entourent, qui me voient souffrir me demandent, me conseillent, me supplient de vous oublier. De tourner la page de votre existence, vous ne valez pas la peine que je me démolisse pour vous. Florent, lui même aurait peut être pensé la même chose. Mais, ils ne comprennent pas. Comment le pourrais-je ? Papa, tu m'as fais tant de mal, tu m'as brulé au fer rouge, là où aucune greffe, ni chirurgie n'est réparatrice. En mon moi intérieur, là où tu es entré et t'es servi sans scrupules.
Comme cet été où tu nous a emmené faire du camping sauvage dans l'Aveyron. Nous étions en caravane, vous dormiez dans le lit à gauche, ma petite soeur et moi dans le lit de droite et mon frère sous le auvent, dans un simple lit de camp, à la merci du froid et de l'humidité.
Un matin, tu es venu t'installer dans notre lit, entre Isabel et moi. Immédiatement ma répulsion physique se déclencha. je tremblais, transpirais. Mon corps était raide de terreur. Tu te tournas quelques secondes vers Isabel, et insidieusement tu glissas ta main dans mon pyjama, entre mes jambes. Tu ne me regardais pas. Enfin, tu mis ta main à l'intérieur de ma culotte, me caressa et tu tournas la tête vers moi pour me dire avec ton regard sallace et pervers : "T'aimes ça, hein ?"
J'avais onze ans, je me souviens avoir eu le courage de te jeter un regard noir, mais je ne dis pas un mot. Je te haissais et souhaitais te tuer.
Durant de longues années, j'ai révé du jour, où, enfin, j'aurais le cran de nous débarasser de toi. Je ne l'ai jamais fais. Mon fils l'a payé de sa vie.
Comment vous oublier ? Je n'abandonnerais pas la bataille et je gagnerais la guerre...

Commentaires
Petite Fée le 16/07/2008 à 16:46:34Bonjour
Je ne sais pas très bien par où commencer... Je suis tombée sur ce blog un peu par hasard. J'ai déjà lu pas mal de témoignages sur l'inceste ou sur la violence au sein de la famille. Et plusieurs personnes m'ont déjà confiés leur enfance détruite. (Entres autres : ma meilleure amie.)
Juste un petit commentaire pour dire combien ce genre "d'histoire" me révolte, combien il est effrayant de voir la passivité avec laquelle la justice réagit, et combien la victime souffre !
La SOUFFRANCE physique n'est rien à côté de la souffrance PSYCHIQUE !!!
Valérie le 05/07/2007 à 11:52:13
Tatan,
la dignité de ce blog ne sera pas entachée si je révèle que tu as été la première victime de mon père. Tu es sa petite soeur, et déjà enfant, sa violence, sa perversité, ses "jeux" sexuels t'ont dévasté. Tu es forcément ma meilleure confidente. Tu me comprends et tu me soutiens.
Je sais que tu seras avec moi jusqu'au bout de mon combat...
Je t'aime Tatan.
marie le 05/07/2007 à 10:00:03
Pour laisser intact la dignité de ce blog,je ne rajouterai rien...............,je sais!